Récits

Jeudi 30 juillet 2009 4 30 /07 /2009 11:57

Le 19 juillet dernier avait lieu a coeur des Pyrnnées à Fos le duathlon du val d'Aran (épreuve du championnat de France réputée comme l'un des plus durs au monde...... selon Fred)

Fred qui en avait fait un des objectifs de sa saison nous livre ses impressions :

 

"Objectif: faire un podium dans ma caté (Open - S2), je finis 5è à 9' du 3è donc ca aurait pu le faire oui et non...

 

Les 12,5 km de la cap1 (cap = course à pied) et ses 420 de dén+ sont une vraie boucherie, surtout le haut de la 3è bosse où j'ai dû marcher sur 20m pour pas faire exploser mon petit coeur (et là doublé par une féminine, les boules) mais bon je gère bien mon effort et je les boucle en 55', ce qui est très honorable. Grosses sensations dès les premiers km en bikouse mais les premières crampes aux mollets arrivent au bout de 10km soit à la moitié de la première ascension du col de Menté. Là je me dis aïe c'est pas bon, bois bois bois, et je me dis aussi 39x25 c'est pas bon, l'année prochaine tu t'en souviendras !

Je gère toujours bien mon effort, double quelques elites qui n'ont d'elite que le titre, passe le col fais une descente joussive et au pied de le descente ça s'arrête jamais de faire du yoyo pendant 40km sans un pauvre cm de plat, souvent obligé de remettre tout à gauche, bordel pas un circuit de PD ! La 2è ascension du col (par le côté descendu) se passe mieux car plus de crampe (bcp bcp bu à tous les ravitos), je refume quelques élites au passage qui se sont cramé comme des jeunes premiers du duathlon (pas comme moi hein ) et la fillette qui m'avait fumé en haut de la bosse en cap, je remarque qu'elle a des liserets bleu-blanc-rouge sur ses manche, je l'encourage un petit coup et je continue de tracer jusqu'au sommet avec des jambette toutes fraîches. Arrive la descente, jouissive puis 5km de plat qui ramènent jusqu'au parc à bikouse. Là j'essaie d'envoyer un peu le pâté mais dès que je lève le cul de ma selle je comprends plus, mes jambes partent en live complet, j'essaie de m'étirer mais c'est la crampe direct, je me demande comment je vais réussir à descendre du vélo sans tomber comme une merde à l'entrée du parc... Par miracle tout se passe bien, j'enfile mes shoes, je pars tranquille (14km/h), ça fait mal mais j'ai la niak. Au kilomètre 4 c'est la fête du slip, je vais faire péter le chrono, ça fait mal. La première bosse arrive, crampe quadriceps gauche, je m'arrête le droit pareil, je peux plus bouger, je couine, on m'encourage, j'essaie de marcher, je couine, j'essaie de re-courir, je couine encore plus, j'ai mal partout, je comprends pas car j'ai trop bien géré  la cap1 et le bike. Je bois bois bois au ravito, retrouve une fraicheur mais 200m plus loin rebelotte. J'alterne cap - marche, je souffre me refais doubler par la fillette aux liserets bleu-blanc-rouge (qui va vers son titre de championne de France), et par plein de gars (des élites...). J'arrive quand même à boucler les 10km en 50' mais grosse grosse déception sur cette dernière cap où je perds 5 à 10' facile.

 

Résultats: 5h05, 55è au scratch, 13è open, 5è S2, ça me laisse une bonne marge de progression pour l'année prochaine !

 

RDV en 2010 où j'inclurai dans ma préparation 3-4 duathlon + du spécifique montagne. Et là je gagne 30min ;-)

 

 A+"
 En bonus quelques photos

Fred au départ...




Plus que quelques mètres!  Plutôt aérien mais pourtant...


Et Fred à l'arrivée....

Plus d'infos sur http://www.duathlonvaldaran.com/

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Dimanche 9 novembre 2008 7 09 /11 /2008 22:10

En ce dimanche 9 novembre avait lieu le semi-marathon de Normandie entre le pont de Normandie et le centre ville du Havre. Au programme 21, 1 km avec du vent mais pas trop (30 à 40 km/hr) et pas de pluie... Près de 1100 participants étaient présent à cette deuxième édition. Pour ma part cette course etait la dernière inscrite dans mon plan d'entrainement de l'année. Cela faisait quelques mois, voire quelques années, que je ne m'étais présenté au départ d'une course sur bitume. En manque de repères, je partais prudement, un peu comme pour le trail de la Sente des Moines. Abordant le 10ème km sans peine et sans une idée du chrono (j'avais oublié ma montre) j'accelerais une première fois histoire d'aller puiser dans mes réserves. Toujours avec de bonne sensation, j'augmentais mon allure à nouveau à partir du 13ème. A partir de ce point, plus un seul concurrent ne me doublera, au contraire, c'est moi qui en passerai de nombreux. J'avoue que c'est plutôt grisant (beaucoup plus que la situation inverse). Au final, je passe la ligne d'arrivée en 1h33min40s à la 196ème place, supris et heureux de ce temps réalisé sans forcer outre mesure.

La course en elle même
Un peu de soleil aurait rendu plus agréable la traversée du Pont de Normandie. Les 10 premiers kilomètres sont plutôt tristes avec une longue ligne droite entre zone portuaire et la Seine. Puis, la traversée d'une partie du port entre les porte-conteneurs géants donnent un peu de relief au parcours. La suite de celui-ci nous fait passer à proximité du quartier des neiges (en pleine réhabilitation) dans le quarier de l'Eure (en pleine reconstruction), fait une boucle tortueuse dans les rues du centre du Havre, pour finir dans la zone des anciens Docks (en plein chantier). Vous l'aurez compris,  un parcours que je n'ai pas trouvé franchement glamour, mais une fois de plus jalloné de bénévoles sympas.

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Dimanche 29 juin 2008 7 29 /06 /2008 17:00

Vendredi 26 août 2006, 18h20, place du Triangle de l’Amitié, Chamonix. Dans 40 mn, je me lancerai dans mon 3ème Ultra-Trail du Mont-Blanc. Mais avant cela la pression est à son comble... Ma poche à eau vient de céder et j’ai le dos aspergé de boisson énergétique, mais le plus grave, c’est que je n’ai plus de réserve d’eau. Je suis un peu dépité. Sans cette réserve d’eau, les chances d’arriver au bout sont plus que faibles. Ma chance, Audrey, ma compagne, bénévole sur la course, est avec moi avant le départ. Un plan d’urgence est décidé, elle part à la recherche d’une nouvelle poche à eau. 18h40, c’est bon, Audrey revient avec une poche encore sous blister. Le temps d’opérer le remplacement, faire l’appoint d’eau et me voilà de nouveau opérationnel. Je revis.

Quelques secondes avant le départ, l’hymne de l’UTMB raisonne dans la ville. La BO de Christophe Colomb rend ce moment d’autant plus solennel, C’est mon troisième départ, mais je ressens toujours la même émotion. 19h00, cette fois-ci, c’est parti. Après la traversée de Chamonix, nous rejoignons vite le premier sentier. Le peloton s’allonge petit à petit au rythme des premières ondulations et déjà, certains passages se font en marchant... Le mot d’ordre : gérer. Mes deux premières participations m’ont appris à être raisonnable : rien ne sert de courir, il faut partir à point…

Kilomètre 8, Les Houches, premier ravito. J’ai décidé de ne pas m’arrêter. Néanmoins, j’en profite pour prendre mes bâtons car l’ascension jusqu’au Col de Voza s’annonce. Je parcours cette première difficulté à mon rythme, non sans me poser des questions. « Tous ces gars qui me doublent, serais-je trop lent ? Ai-je le niveau ? Laisse-les aller, écoute ton corps, les sensations avant tout… ».

20h45… Passage du Col de Voza, classement 528ème. C’est le deuxième point de ravitaillement et cette fois, je marque une courte pause. Prochain objectif, Les Contamines. Ce passage de la course est sans difficulté majeure, mais est récompensé par un bain de foule en arrivant dans la ville. A nouveau, une pause ravito d’environ 15 mn. Déjà quelques abandons, blessures, manques de forme...

Démarre, à partir de ce point, la plus longue ascension du parcours, 1280 m de dénivelé positif. Au fur et à mesure que j’approche du Col du Bonhomme, la température chute, approchant les 0°... Depuis quelques heures maintenant, les frontales sont opérationnelles et bientôt, les sentiers du TMB laissent apparaître une guirlande humaine. Si cette montée est une grosse difficulté, j’appréhende bien plus encore la descente qui suit. Je ne suis pas un grand descendeur et l’expérience cumulée des éditions 2004 et 2005 pour cette partie du parcours me laisse songeur. Qu’à cela ne tienne, une année ne fait pas l’autre. L’humidité ambiante n’a rien de comparable avec les années précédentes où le principal défi était d’éviter au mieux le bain de boue, voire, au pire, la blessure stupide.

2h42 du matin… Après 7h41 et un peu plus de 43 km de course, j’arrive au refuge des Chapieux. Pause ravitaillement de 30 mn. Une petite soupe, du fromage, du sucré et il faut déjà penser à repartir... Je grelotte. La fraicheur de la vallée, l’arrêt de l’effort physique, la fatigue… La machine s’est refroidie et quelques courbatures apparaissent. Je reste scotché pendant plus de 10 mn devant un énorme feu de bois salvateur. Le redémarrage est plus que difficile, mais je repars enfin.

Cette fois, c’est le Col de la Seigne qui se précise. Comme en 2004 et 2005, cette ascension me semble sans fin et c’est mon premier coup de moins bien. Il est 5h27 et le soleil pointe le bout de son nez quand je franchis enfin le col. Mon classement : 885ème. S’en suit la descente jusqu’au Lac Combal. Je perds à nouveau quelques places, je n’ai pas de très bonnes sensations dans cette descente, sans doute la fatigue d’une première nuit blanche. Dans la montée vers l’arête du Mont Favre, je retrouve mes jambes. J’en profite pour accélérer dans la descente vers Courmayeur. Douche et équipement propre en vue mais avant ça, j’ai rendez vous au Col Checrouit avec Audrey qui fait partie de l’équipe de ravitaillement sur ce point du parcours. J’ai hâte de la retrouver.

8h12… J’y suis. Je passe une vingtaine de minutes à partager mes premières impressions de ce « début de course » avec Audrey, ce qui me fait beaucoup de bien. Je fais le plein d’ondes positives. A 9h10, j’arrive à la base de Courmayeur. J’ai environ 1 heure d’avance sur ma prévision de temps de passage. Physiquement tout va bien, mon classement : 909ème. Je ne m’arrête pas trop longtemps sur la base : douche, mise à niveau du sac à dos, repas consistant et en avant.

Pas question de prendre racine, il y a encore beaucoup de chemin à parcourir. D’autant plus que j’appréhende la montée vers le refuge Bertone. J’y ai connu l’an passé, et ce sans raison apparente, un début d’hypoglycémie qui m’a obligé à faire une halte de quelques heures. Malheureusement, même si un homme prévenu en vaut deux, je connais à nouveau les mêmes maux. La fin de la montée au refuge est un vrai calvaire. J’ai beau prendre du sucre, du coca, je me sens vidé et je suis incapable de repartir. Néanmoins, je ne panique pas. J’avais pris en compte cette éventualité dans mon timing. Je me dirige donc à l’étage du refuge où quelques couchages attendent les coureurs en détresse. Après 2 heures de sieste, c’est certes un peu ramolli que je reprends ma route. La mécanique se remet doucement en route. J’ai perdu pendant cette halte quelques 400 places, mais qu’importe le classement est définitivement un critère secondaire.

C’est le milieu de ce samedi après-midi et quelques gouttes tombent. Mon objectif est alors de passer au plus vite le Grand Col Ferret. Une nouvelle fois, l’édition de l’année passée a laissé quelques mauvais souvenirs. La montée vers le Grand Col Ferret s’était transformée en chemin de croix après un arrosage massif de la piste qui avait rendu impossible toute prise d’appui (boue). 17h47.

C’est bon, la Suisse se présente maintenant devant moi. Direction Champex, 2ème et dernier camp de base du parcours. Dans cette partie, je connais un nouveau coup de moins bien. Celui-ci m’inquiète plus. Je ressens une douleur grandissante au niveau du genou gauche et cette douleur je ne la connais que trop bien... Elle est la source de mes deux abandons des années passées (2004 : arrêt à Courmayeur / 2005 : arrêt à la Fouly). J’arrive à la base de Champex en boîtant, je suis lessivé et pour arranger l’affaire, il pleut. J’ai le moral dans les chaussettes. Heureusement, je retrouve Seb (déjà compagnon de course l’an dernier). Je lui explique mon problème, j’ai mal, j’ai froid, je voudrais dormir... Conciliant, mais plus lucide que moi, il me pousse d’abord à voir un kiné, ce que je rechigne à faire à cause de la queue... A ce stade de la course, nombreux sont les coureurs demandeurs de soins. Néanmoins, je prends mon mal en patience. 10 mn s’écoulent et je suis pris en main. Verdict : pas de solution miracle, un petit massage et une bonne dose d’encouragement. Ok, il faut que je fasse avec cette douleur, mais je veux toujours dormir... A nouveau, Seb s’en accommode simplement et m’aide à trouver un couchage... En vain. C’est un signe, je ne m’arrêterai pas à Champex plus longtemps. Il est près d’une heure du matin quand nous reprenons la course. La douleur au genou ne cesse d’augmenter.

Dans cet état, la montée vers les Fermes Bovines est un véritable cauchemar. Le franchissement des hautes marches et dalles qui caractérisent ce passage sont interminables. Plusieurs fois, j’évite la chute de peu (dont une fois où partant à la renverse, je suis rattrapé de justesse par 2 coureurs que je précédais. Sans eux, ma course aurait été, au mieux, finie. Quant au pire...). Mes jambes ne me portent plus, mon moral non plus ! Ma seule obsession devient la recherche d’un espace, d’un morceau de terrain au relief moins hostile où je pourrais stopper. Je suis à bout, je me demande ce que je fais là. Je ne vois plus comment finir cette course. Tout au fond de moi, je fais déjà une croix sur la course à pied, c’est une grande désillusion !

« Peut-être que je ne suis pas fait pour ça ? C’est fini, qu’on ne me parle plus de course à pied ». Je suis vidé, vexé, désabusé. Ma chance est que, tout d’abord, ce maudit sentier n’offre guère de lieu de pause et qu’ensuite Seb me pousse à aller au moins jusqu’au refuge, après on verra...

4h30 du matin, Bovine, enfin… Je me réfugie sous le premier abri qui se présente à moi (une tente abritant un peu de matériel médical) et me couche à même le sol. Je suis gelé. L’infirmière m’encourage tout d’abord à reprendre la course, puis ne pouvant que constater mon incapacité à repartir et refusant de me laisser dormir à même le sol, elle me propose une place dans le refuge voisin. Sans hésiter, j’accepte car, dans ma tête, la course est finie et l’idée d’accéder à un peu de chaleur, de dormir et de soulager mon genou douloureux suffit à mon bonheur. Avant de m’assoupir, je discute encore avec Seb et l’infirmière. Mais, si je n’y crois plus, je n’ai pas officiellement arrêté la course. La barrière horaire est à 6h30, je décide, motivé par mes compagnons de route, de me réveiller à 6h00 pour faire le point et trancher. J’absorbe un anti-inflammatoire et je m’endors aussitôt.

6h00, Seb me réveille : « Comment tu te sens ? ». Je ne sais pas quoi répondre, j’ai l’impression que ca va mieux, c’est la confusion dans mon esprit. Une lueur d’espoir renaît. Je me redresse et rechausse mes chaussures couvertes de boue. La douleur à mon genou semble s’être dissipée. A 6h20, je reviens dans la course !

Nous repartons d’abord à petites foulées. Rapidement, les sensations de mieux sont confirmées. Nous démarrons alors une descente tonitruante vers Trient. Partis de Bovine avec 10 mn d’avance sur la barrière horaire, nous atteignons Trient avec 45 mn d’avance. Nous parcourons avec la même cadence la dernière difficulté du parcours. Je prends même le luxe de me changer une dernière fois au point de ravitaillement des Tseppes. Cette fois, je ne pense plus à l’abandon mais à mon « look » pour l’arrivée à Chamonix !!!

Vallorcine, kilomètre 142, je calcule et recalcule. Il est 10h16, la barrière horaire à Chamonix est 16h00. Il reste 16 km à couvrir et je ne vois plus ce qui pourrait m’empêcher d’arriver à Chamonix dans les temps. Cette fois, je vais aller au bout. A partir de cet instant, la douleur de mon genou va réapparaitre. Je vais parcourir ces derniers 16 km le plus souvent en marchant en plus de 4 h.

14h24… Je suis aux portes du centre ville de Chamonix. A quelques centaines de mètres, une foule massive acclame les arrivants. Je marque une pause, dans moins de 5 minutes, j’en aurai fini avec cette aventure. J’ai du mal à contenir mon émotion et laisse échapper quelques larmes. J’ai peur d’affronter cette foule, j’ai peur de craquer. Quand il faut y aller, il faut y aller. Malgré la douleur, je rentre dans la ville à petites foulées. Je contiens difficilement mon émotion.

Dernier virage, derniers mètres, Audrey, privilège de bénévole, m’attend sur la ligne d’arrivée. Je m’effondre dans ses bras, sanglotant de bonheur et de fierté.

Je termine ainsi cette édition 2006 en 43 heures et 26 minutes.

Par Armel - Publié dans : Récits
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