Mercredi 21 octobre 2009 3 21 /10 /2009 00:15

Retour sur mes sorties montagnardes de l'été, acte III, Le Dôme de Neige des Ecrins


Les Ecrins constituent la plus haute montagne du Dauphiné et la seule qui dépasse l'altitude de 4000m. La crête sommitale comprend trois sommets: la barre des Ecrins (4102m), le pic Lory (4088m) qui n'est qu'une antécime mais un nœud orographique important, et le Dôme de neige des Ecrins (4015m).

La face N des Ecrins possède une architecture unique et superbe, avec la longue arête dominant le cirque glaciaire strié de crevasses et de barres de séracs. C'est une montagne qu'on ne peut confondre avec aucune autre, qui prend sa plus grande valeur esthétique au lever et coucher du soleil, quand elle se teinte de rose ou de rouge.Contrairement à la barre des Ecrins, le Dôme est facilement accessible par la plupart des alpinistes, ce qui en fait une grande classique très fréquentée. Pourtant, les crevasses et les séracs constituent une menace bien réelle qu'il ne faut pas négliger, et l'arrivée à 4000 sollicite le souffle des prétendants.La vue du Dôme est saisissante, avec une très belle perspective sur l'arête W qui amène à la barre des Ecrins, et un tour d'horizon qui embrasse la majeure partie des Alpes et Préalpes françaises, et porte jusqu'au Cervin et Mont-Rose.

Itinéraire : 4hrs
Depuis le refuge des Écrins, rejoindre le glacier Blanc par le sentier d'accès au refuge (descente de 120m de dénivelée). Suivre la rive gauche du glacier en direction du col des Écrins pour le laisser à droite. On attaque la face N par les pentes de neige les moins raides, sur la droite, en traversant au plus vite la coulée d'avalanche provenant du grand sérac, ou si les conditions le permettent, par la langue de glace au centre, plus raide mais moins exposée. Remonter en appuyant à gauche vers le centre de la face, puis louvoyer entre quelques grosses crevasses pour rejoindre un replat (3700m) au pied de la pente plus raide qui permet de contourner par la gauche la grande zone de séracs supérieure. Remonter cette pente d'abord un peu à gauche puis franchir au mieux de grosses crevasses, et remonter en tirant à droite sur le plateau supérieur du glacier. On longe alors la base des pentes très raides de la face N de la barre jusqu'au pied de la brèche Lory (entre le dôme et le début de l'arête W de la barre). Franchir la rimaye au mieux sous la brèche Lory, parfois très à droite sous le sommet du Dôme en face N.

La descente s'effectue par l'itinéraire normal de montée. 2h jusqu'au refuge


Ma course (approche + voie) :

Jour 1 - 08/09/09 : Montée jusqu’au refuge des Ecrins
Belle journée ensoleillée ce mardi, il fait encore bon (26°). J’attaque la première partie de mon périple à 11h. Un peu de monde sur la partie qui mène de la vallée au glacier. A partir ce point un premier écumage s’opère nombreux randonneurs n’ont pour objectif l’accès au glacier. Le paysage à cet instant est déjà magnifique. 2 ou 3 clichés et je reprends mon chemin.

Passage au niveau du refuge où je ne m’attarde pas, un seul objectif en tête arriver au refuge des Ecrins avant 18h00.
- 16h30, après une évolution en crampons sur le glacier Blanc j’arrive au pied du refuge, du moins au pied de la barre rocheuse ou est perché le refuge. Encore quelques efforts…




Le refuge, enfin.Accueil et ambiance super. Un seul point noir à cette journée, j’ai les talons en piteux états. La faute à des chaussures de location pas faite à mes pieds (ou bien l’inverse). Nota : en raison de la limitation du poids des bagages en soutes j’avais fait l’impasse sur mon matos d’alpinisme (piolet, chaussures, crampons).
- 18h00, l’appel de la soupelette…
- 20h00, après avoir préparé mon sac, revu des dizaines de fois la position de chaque pièce de mon équipement, au dodo…
- 3h30, réveil !!!!

Jour 2 – 09/09/09 : l’ascension
Ouch, 3h30 !!! J’ai passé ma nuit à pas dormir, j’y vais, j’y vais pas, mes pieds me font souffrir, est ce que ça va aller ??? Nota : comme souvent, malgré les bons conseils de chacun, j’attaque cette ascension en solo, ce qui, même si c’est un choix, me tracasse toujours. Pas le droit à l’erreur !
- 4h00, petit déj et c’est parti. Il fait nuit (rappel). 5 cordées sont aussi en route pour le Dôme… La lune, alliée d’un instant, s’associe au faisceau de ma frontale pour éclairer mon chemin. Tout d’abord un parcours d’approche. Au programme 1 heure d’évolution sur le glacier pour atteindre les premières pentes à proprement dites de l’ascension. Je perds la trace de nombreuses fois. Chacun de mes pas est pénible mais j’avance… Fait pas chaud !

L’atmosphère sur le glacier est incroyable. La peine ombre, pas un bruit !
Vers 5h30, j’attaque l’ascension, aille, ouille, aille. Mes appuis dans la pente renforce encore la douleur… je rattrape néanmoins une cordée. Pas pour longtemps. Ca grimpe de plus en plus et la douleur ne me permet pas d’assurer mes appuis. Un bilan s’impose, il me reste 2h d’ascension, peut être 6 heures de descente jusqu’à la vallée… Est-ce bien raisonnable ? J’ai pris beaucoup plaisir jusqu’ici, ce n’est peut être pas la peine de tout gâcher, le Dôme sera encore là l’année prochaine, ou la suivante…
C’est décidé retour vers la vallée…

PS: Je suis resté handicapé par ces « blessures » pendant 15 jours (pas de course à pied, …). Note pour plus tard : prendre un supplément de bagages, la NOK c’est pas fait pour les chiens…


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- Publié dans : Run the planet
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